PODCAST #10 – VIA NEGATIVA

Pour faire face à mon sentiment d’illégitimité, j’ai suivi en 2014 une formation en PNL à Montpellier afin d’acquérir une meilleure compréhension de la psyché humaine. Une très belle formation où j’ai beaucoup appris.

Au terme d’une séance de PNL réalisée sur ma meilleure amie destinée à enrichir mon mémoire de fin de cursus, je repartis de chez elle fier du travail accompli. Elle se sentait beaucoup mieux et j’étais ravi. Le lendemain, toutefois, un profond malaise me submergea. Je me rendais compte que j’avais récité mot pour mot les stratégies censées reprogrammer son inconscient en détresse, alors que je ne comprenais rien à la mécanique globale de son inconscient. Je crois que j’ai paniqué intérieurement à ce moment-là. Au point de n’en parler à personne.

J’ai alors rejeté en bloc l’hypnose Ericksonienne et la PNL. Je n’ai d’ailleurs jamais terminé ce mémoire.

Perturbé de ne pas comprendre ce qui se tramait au plus profond de moi, je décidai de me rabattre sur Milton Erickson, une si ce n’est la référence de l’hypnose et LE principal personnage qui a été modélisé par Grinder et Bandler pour développer les outils de la PNL. Pourquoi ne pas l’étudier moi-même après tout ? La première lecture de ses œuvres quelques mois plus tôt m’avait laissé la même excitation qu’un bon roman. J’avais tout dévoré. Je commençai donc par relire l’intégrale des articles de Milton Erickson, à un rythme plus tranquille, en prenant des notes cette fois.

A peine installé confortablement dans mon lit, TOME 1, p.13, que je retrouvais l’essentiel de ma pratique d’aujourd’hui ; trois critères pour définir la transe profonde somnambulique : les yeux ouverts, l’écriture automatique et une amnésie ultérieure totale. Quelques jours passèrent. Et puis Tome 1 toujours, je rencontrai une définition plus précise de la transe profonde somnambulique.

Apparence éveillée du sujet qui semble fonctionner de manière adaptée, libre, et correcte dans l’ensemble de la situation hypnotique, d’une manière semblable à celle d’une personne non hypnotisée, dans son état habituel de conscience.

L'intégrale des articles de Milton Erickson - TOME 1 - P.181

Au-delà des trois critères confiés par Erickson qui sont capitaux, je n’avais pas encore identifié comment marcher sur les pas du maître. Rossi et Erickson entament souvent leurs articles par un prérequis indispensable : que les sujets aient atteint la transe profonde somnambulique avant toute expérience ou thérapie hypnotique. Pourtant, rares sont les occurrences où ils partagent avec nous cette phase préparatoire.

Le sujet, Bertha, la sœur de l’auteur, n’avait jamais été hypnotisée auparavant ni n’avait assisté à une induction hypnotique. Au grand étonnement de l’auteur, elle développa une profonde transe somnambulique alors qu’il lui suggérait seulement que, lentement, petit à petit, sa main droite, tenant un crayon sur un bloc de papier, allait frémir, se déplacer, gribouiller des signes, jusqu’à écrire des lettres, puis des mots qui formeraient une phrase…

L'intégrale des articles de Milton Erickson - TOME 1 - P.388

La méthode m’a semblé élémentaire. Ou comment se contenter juste d’une feuille et d’un crayon pour toucher du doigt la transe profonde somnambulique. Ce fut une révélation pour moi, surtout sachant que j’ai découvert Namilélé avant de découvrir l’hypnose grâce à l’écriture automatique spirituelle.

Retour à la base. MA base.

L'écriture automatique comme fondement de ma recherche du bonheur.

ecriture-automatique-hunkaar

VIA NEGATIVA

Un nouvel itinéraire vers mon inconscient par la suppression de tous les chemins superflus.

J’arrêtai alors de chercher à devenir hypnotisable, pour à la place mieux comprendre pourquoi je ne l’étais pas, en dialoguant avec Namilélé.

Bien accompagné par une personne en qui j’avais totale confiance, un cri détonant surgit du plus profond de moi :

** AAAAAAHHHHHHHH **

Des années de thérapie s’en suivirent. Tout y est passé. Des plus grandes terreurs enterrées dans mon lointain passé, jusqu’à embrasser avec mon corps les plaisirs charnels les plus torrides ; les émotions se suivirent et ne se ressemblèrent pas.

La rencontre fut passionnante. Une histoire digne d’un livre d’Agatha Christie.

Je me plongeai aussi dans la vie de toutes ces parties de moi qui réprouvaient ma propre vérité intérieure pour me protéger…

Des explorations régulières me permirent de comprendre l’origine de tous mes maux. Jour après jour, mon décor intérieur prenait la forme d’un couloir émotionnel qui s’ouvrait et me donnait la sensation d’être pleinement vivant.

Le bonheur, c'est quand il n'y a plus rien à retrancher.

On me disait d’imaginer la belle plage ou la dense forêt dans le but de créer mon lieu de sécurité. Tâche impossible pour moi qui n’ai pas accès à mon imaginaire visuel. Or, j’ai le souvenir d’un de mes stagiaires en hypnose expérimental, aphantasique (incapacité à se représenter une image mentale), capable de rentrer en transe profonde somnambulique. Je l’ai vu de mes yeux. C’est donc possible.

VIA NEGATIVA

Le slogan Street Hypnose était simple : “hypnotiser n’importe qui, n’importe quand, n’importe où, mais pas n’importe comment”. J’y ai appris à hypnotiser des personnes les yeux ouverts comme fermés. Je les ai hypnotisées debout, assises ou allongées. Certaines ont vécu des anesthésies complètes, là où d’autres ressentaient chaque sensation décuplée. Quand les unes étaient immobiles, d’autres tanguaient, et d’autres encore marchaient. J’ai hypnotisé des volontaires qui criaient de joie en voyant leur star préférée apparaître devant eux, là où d’autres étaient tellement profondément endormis que la seule trace d’hypnose provenait de réponses en signaling. Mes sorties Street Hypnose alternaient les environnements silencieux et les chars de la Gay Pride. Quand l’hypnose fonctionne avec autant de variables différentes, c’est finalement que rien de tout ça n’est indispensable.

VIA NEGATIVA

Après de très nombreuses expérimentations, il ne m’est resté au final que le signaling et l’écriture automatique pour révéler la transe HUNKAAR. Mois après mois, Namilélé s’est montré mon plus grand allié. Il a gagné laborieusement toute ma confiance.

Et tout bascula ce jour de juillet 2019. Je ne connaissais alors de Kaliyah qu’un prénom intuitif qui résonnait dans ma tête depuis ma plus tendre enfance et que j’étais persuadé de transmettre un jour à l’un de mes enfants comme un signe du destin. Le sort m’offrit le plus beau des cadeaux : un merveilleux petit garçon que l’on prénomma Gayann.

Kaliyah était là, en moi, pour une toute autre raison.

J’ai été aux premières loges du passage de relais entre Namilélé et Kaliyah. Un spectacle envoûtant et proche du surnaturel. Toutefois, certaines parties de moi n’étaient pas prêtes, refusant ainsi momentanément cette évolution proposée.
Kaliyah me troublait. Elle me faisait peur. Elle est vive et énergique là où je suis calme et asthénique. Elle est crue, quand moi je pèse chacun de mes mots.
Petit à petit, non sans difficulté, j’acceptai ma réalité irrationnelle et pourtant bien palpable : dans “qui je suis” au fond de moi, il y a aussi un peu de Kaliyah.

Mes avancées régulières à ses côtés me guidèrent petit à petit vers plus d’extraversion dans l’intimité de mon couple. Sans négliger les bénéfices collatéraux avec plus d’étirements, plus d’envie de bouger, de sortir, de marcher. Jusqu’à retrouver petit à petit une posture plus droite. Je sens mes muscles apprécier se mettre au travail. Je découvre des muscles éteints par les souffrances. Je redécouvre des sensations perdues. Mon corps reprend vie.

Je comprends aussi mieux pourquoi être hypnotisable était perçu comme un danger par mon propre inconscient. J’ai été victime de tellement d’humiliations pendant toute ma scolarité que j’ai cherché à devenir de plus en plus discret pour me protéger. Namilélé était ma clé, mon protecteur, mon ange-gardien. Ma survit dépendit de lui.

Néanmoins, qui je suis vraiment rime aussi bien avec Kaliyah qu’avec Namilélé.

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