Pour Gayann – Lettre d’un père à son fils

Pour Gayann, lettre d'un père à son fils

Gayann, je t’écris publiquement en ce jour de 08 février 2023 pour te faire quelques confidences que j’ai encore du mal à laisser résonner totalement en moi quand je suis seul.

Il suffit d’ailleurs que j’écrive ces premiers mots pour déjà sentir les larmes couler jusque dans mon cou.

Des saloperies, il y en aurait tant encore à pleurer.

Un jour tu m’as vu triste, puis tu m’as vu pleurer dans les bras de Mamette pendant que tu jouais non loin de nous, et enfin tu as vu un bonheur et une paix sincère illuminer mon visage. Et c’est de toi-même que tu t’es rapproché en scandant avec ton plus beau rire des encouragements remplis d’amour que j’entends encore dans mon esprit : « pleurs papa, pleurs papa ! », comme si tu souhaitais m’apporter plus de joie encore.

Tu m’as montré ce jour-là que si on réparait tout ce que l’on croyait SALE dans notre histoire, SALOPERIES avait encore une chance de devenir ESPOIR, à condition de ne pas être trop pointilleux sur l’ordre des lettres.

J’ai compris ce jour-là que je souhaitais t’offrir ta plus belle histoire. Quitte à mélanger quelques lettres, quitte à rouvrir des portes que je pensais définitivement fermées.

Mon fils, voilà tout ce que j’aimerais te dire du plus profond de mon cœur.

Désolé

Je suis désolé.

Désolé pour tout le mal que je t’ai fait, que je te fais, et que je continuerai à te faire malgré moi.

Les mots me manquent.

Mes larmes sont mes uniques témoins.

S'il te plaît pardonne moi

Nous nous sommes vraiment aimés.

Quelques mois plus tard, sans se laisser freiner par la sublime connexion spirituelle que nous ne maîtrisions pas, nos fragilités se sont entrechoquées avec une telle force qu’elles ont finies par nous briser.

Je te jure que c’était le seul moyen ; le seul moyen pour t’apprendre un jour à te respecter pleinement nécessitait d’abord que j’apprenne à me respecter moi.

S’il te plaît pardonne moi d’avoir quitté ta maman.

J’ai dû traverser l’expérience terrible de devoir faire le deuil de l’amour qui t’a donné la vie. 

A défaut d’avoir pu construire une famille unie et soudée avec ta maman, je saisis l’opportunité chaque jour de la construire avec ta Mamette. J’espère te le montrer dignement chaque fois que tu viens dans notre Beaumont Beach Paradise.

Merci

Je ne sais pas si tu t’imagines à quel point on va en chier pour transformer « l’autre coupable » en « nous responsables ».

Merci de nous permettre à ta maman et moi d’apprendre années après années à nous raconter ensemble une histoire belle malgré nos différences.

Je me battrai pour nous donner les moyens de jouir un jour d’une vraie sécurité – de cœur à cœur – avec ta maman. On apprendra petit à petit à parler le même langage. 

Je n’arrêterai jamais d’y croire.

En attendant, je te dirai chaque jour merci à ma manière.

Merci pour le chemin.

Je t'aime

Tu prends toujours ce qu’il y a de mieux dans nos deux univers. Que tu sois chez Maman et Juju ou chez Papa et Mamette, tu donnes toujours le meilleur de toi-même.

Je t’aime.

Je le sens dans ton rire comme dans tes larmes.
Je le sais dans nos connexions dans le jeu qui ne s’expliquent pas.

Je t’aime.

Je me remettrai en question chaque jour pour apprendre à mieux te donner l’amour dont tu as besoin.

Je t’aime.

Je resterai toujours à tes côtés et nous élaborerons avec panache l’alchimie de tes tourments pour qu’ils finissent enrobés d’amour dans un bain de douceur.

Je t’aime.

N’en doute jamais mon trésor, mon p’tit coq, nous t’aimons pour l’éternité.

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4 réflexions au sujet de “Pour Gayann – Lettre d’un père à son fils”

  1. Il n’y a pas de diplômes pour devenir père ou mère, assumer ce cap capital dans la vie qui permet à un nouveau être de s’épanouir; de même qu’il n’y a pas de diplôme pour devenir un digne compagnon ou compagne de l’autre. Devenir père c’est aussi accepter de se sentir fautif par rapport à des erreurs que l’on aura pu faire; et savoir le reconnaître, c’est ce qui permet à nos enfants de nous pardonner. Du moins je l’espère.
    Je crois profondément qu’à partir du moment où nos esprits sont ouverts, et que l’amour règne en nous , l’esprit de nos enfants saura toujours faire le ménage, ne garder que le bon, afin eux aussi de transmettre et pourquoi pas, faire encore mieux !
    Et un énorme merci pour le courage de ton témoignage, qui montre justement ce qu’est un esprit ouvert.
    Et qui me permet aussi, grâce à ce travail sur moi (merci Hunkaar) de ne plus me sentir atrocement coupable ! Ni coupable du tout d’ailleurs !

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