Session 8 – Module 3 – La première séance HUNKAAR

C’est avec détermination que nous nous apprêtons à recevoir nos douze belles âmes pour le module 3 de la certification HUNKAAR, dès mercredi, pendant cinq jours consécutifs, à la rencontre des possibles.

D’un commun accord avec l’ensemble des stagiaires, nous avons pris la décision d’orienter une grande partie du travail de ce troisième module sur la posture nécessaire pour accompagner au mieux un potentiel patient / client dans sa rencontre avec HUNKAAR : la toute première séance. Avant d’alourdir l’atmosphère de l’enjeu thérapeutique, la découverte de l’hypnose se savoure davantage entourée de légèreté et d’émerveillement. Ainsi, nous proposons la première rencontre avec l’inconscient dans un contexte apaisé. Et quelle meilleure façon de s’entraîner à créer de l’hypnose sans enjeu que de partir à la rencontre de parfaits inconnus dans la rue en pratiquant la Street Hypnose ?  Samedi après-midi, sauf contrainte météorologique, nous serons rue Lafayette dans l’hypercentre de Toulouse et nous ferons découvrir les sensations merveilleuses de l’inconscient qui s’invite au premier plan en suggérant des rires et des bien-êtres à n’en plus finir lorsque l’inconscient prendra son envol dans les bras pour la première fois.

Lors d’une première séance HUNKAAR, beaucoup de choses se jouent. Nous rencontrons une nouvelle personne, toute son histoire et son rapport unique au monde émotionnel. Les liens qui se créent durant ces 2 premières heures sont cruciaux. Loin des anamnèses habituelles que nous estimons plus appropriées à l’étude des antécédents médicaux réservés aux professionnels de santé qui nous redirigent souvent leurs patients, notre première séance est une rencontre d’un autre type. Du lien entre l’hypnotiseur et l’hypnotisé naîtra la force de l’alliance d’inconscients à inconscients, si indispensable pour que l’hypnotisé s’ouvre à lui-même en toute confiance. Du lien entre l’hypnotisé et son inconscient vibrera la force du cadre et de toute la sécurité intérieure qui pourra en découler au quotidien.

Cette première séance est un moment magique que nous accompagnons avec le plus de douceur et d’amour possible. 

Dans cet article, nous n’aborderons que les prémices : l’installation des premiers phénomènes idéomoteurs.

L'inconscient vient au premier plan et s'installe dans le corps petit à petit

Bien que la majorité des personnes souhaitant découvrir HUNKAAR seront capables d’expérimenter cette sensation extraordinaire que le corps bouge complètement tout seul en une seule séance, certains profils nécessiteront deux, trois, voire dix séances de deux heures avant d’y parvenir. Il n’y a pas de non réceptifs à HUNKAAR, il n’y a que des histoires uniques à découvrir qui racontent comment partir à la recherche de son premier référent à un rythme sécurisant pour l’ensemble de l’écosystème inconscient.

Connus sous le nom de phénomènes idéomoteurs dans notre jargon hypnotique, ces premiers mouvements d’origines inconscientes reposent sur le principe de la dissociation. Les mouvements corporels, aussi infimes soient-ils, devront être réalisés exclusivement par l’inconscient sans aide ni participation du conscient avant de pouvoir passer à l’étape suivante. Etablir une communication au travers de mouvements dont on ne sait pas très bien s’ils sont d’origine consciente ou inconsciente ne nous paraîtrait pas congruent pour la suite des séances. Nous demandons à la personne hypnotisée de mesurer la qualité des phénomènes idéomoteurs sur une échelle subjective de 1 à 10 et la sensation que les bras bougent tous seuls doit au moins être à 9/10.

“Inconscient, prends tout le temps dont tu as besoin pour t’installer dans les bras, les mains et les doigts et fais les bouger à ton rythme, de plus en plus, jusqu’à réussir à faire se rencontrer les deux mains.”

Quand l’inconscient prend place dans les membres supérieurs et réalise avec brio ses premières envolées contre la gravité sans rencontrer la moindre difficulté, nous pouvons lire alors sur le visage de nos apprentis Hunkaariens le “ouf” de soulagement qui résonne dans leur tête à ce moment-là.

En revanche, dès qu’ils se retrouvent face à des bras immobiles et une personne qui ne sait absolument pas ce qu’elle doit ou ne doit pas faire pour aider son inconscient à prendre plus de place, ils commencent à trouver le temps long et ont une fâcheuse tendance à rapidement baisser les bras.

La difficulté repose en réalité sur le besoin de décomposer cette tâche devenue inaccessible en plusieurs petites tâches réalisables successivement. Quand nous écrivons dans la formation de découverte HUNKAAR combien nous en avons bavé avant de vivre nos premiers vrais phénomènes idéomoteurs, nous soulignons aussi l’importance à nos yeux d’apprendre à décomposer les processus pour les rendre plus accessibles.

Quand la Street Hypnose déroule le tapis rouge à HUNKAAR

Première proposition de décomposition : l’imaginaire

La Street Hypnose est soutenue par des hypnotiseurs passionnés qui prennent du plaisir à faire découvrir l’hypnose au grand public dans des séances improvisées avec des volontaires rencontrés sur la voie publique. La plus grande qualité de tous ces hypnotiseurs repose essentiellement sur l’adaptation. Quelle que soit la réceptivité de la personne en face, ils ont à coeur de lui faire vivre la plus belle expérience possible dans le temps accordé.

La Street Hypnose est une hypnose à vocation ludique, non thérapeutique, basée sur la découverte des phénomènes hypnotiques. Cela tombe bien, les phénomènes idéomoteurs en font partie. Alors comment faisons nous en Street Hypnose pour permettre à des novices d’apprendre à laisser toute la place à leur inconscient ? Nous décomposons.

“Arthur, je t’invite à mettre tes deux mains devant toi, face à face à environ vingt centimètres l’une de l’autre, et tu vas rajouter ensuite deux gros aimants surpuissants sur chaque paume afin qu’ils s’attirent irrésistiblement jusqu’à faire se toucher ces deux mains.”

En demandant à la personne de tenir ses mains en l’air, nous aidons un petit peu l’inconscient qui n’a alors plus qu’à réaliser le mouvement des bras, tandis que le maintien contre la gravité reste assuré par le conscient qui aide alors son inconscient sans s’en rendre compte. L’imaginaire des aimants vient aussi aider l’inconscient. Et si cela ne fonctionne toujours pas, nous cherchons ensuite à redonner plus de vie à l’imaginaire de la personne en fonction de son unicité. 

Voilà à quoi peut ressembler cet échange avec une personne jugée initialement “non-réceptive”.

Est-ce que tu sens quelque chose dans les mains ?

Non rien du tout, désolé.

Pas de soucis ne t’inquiètes pas. Tu peux me décrire un peu à quoi ils ressemblent ces aimants ?

Ils sont ronds et noirs.

Ok, et si on s’amusait à les rendre un peu plus rigolos, comment on pourrait les transformer ?

Heu, je ne sais pas. Ils sont bien comme ça.

Afin de pouvoir créer de l’hypnose, on va avoir besoin de créer à l’intérieur de toi une réalité différente. Si tu n’imagines que des choses très conceptuelles, les effets sur ton corps resteront eux aussi rattachés à la réalité ordinaire. Donc les mains ne bougeront pas toutes seules. Si tu es d’accord, nous allons chercher à nous amuser ensemble comme deux enfants le feraient, à tout transformer dans ton imaginaire sans limite, et alors tu pourras commencer à vivre des choses plus extraordinaires.
Est-ce que tu pourrais ne serait-ce que changer leur forme déjà ?

Ok, ils deviennent des gros triangles.

C’est déjà un premier pas, super. Et niveau couleur on pourrait faire quelque chose ?

Ils sont toujours noirs.

On peut mettre des motifs ou les recouvrir d’autres couleurs pour les rendre un peu plus drôles ?

Rouges avec des petits pois blancs un peu partout.

Wow, génial ! Et si on pouvait changer leur texture ?

Comment ça ? Je ne comprends pas désolé.

Ils sont plutôt métalliques là ?

Oui, comme des aimants quoi.

Je te propose de les transformer au point qu’ils puissent changer de texture. Par exemple, ils pourraient devenir deux gros triangles rouges à pois blanc avec une texture plastique, ou une texture bois. Et si on est encore plus fou, une texture bonbon, ou même nuage. T’arriverais à te laisser porter par une de ces dynamiques ?

Pourquoi pas bonbon oui, ça me plairait bien.

Ok, super, prends le temps de bien imaginer tout ça. Et n’oublie pas que tu peux les faire bouger dans ton esprit aussi, les faire vraiment se rapprocher et s’attirer mutuellement très fortement.

Wooooooow, j’ai senti un à-coup dans une main !!!

Bravo ! Tu commences à saisir le bon état d’esprit, c’est génial. Et si tu me proposais, venant de toi-même, une métaphore pour que les mains se rapprochent encore plus vite ?

[silence] hmmm, je n’ai pas d’idée désolé, j’ai rien qui vient.

Je vais t’aider un peu si tu veux bien. Quand je fais ce jeu-là sur moi, j’adore imaginer des choses complètement folles. Par exemple la dernière fois, j’ai imaginé qu’il y avait une bouche dans chaque paume de mes mains, et elles avaient chacune entre leurs lèvres un bout de spaghetti. Et tout à coup, elles se sont mises à aspirer fortement chacune de son côté jusqu’à venir se faire un bisou, comme dans la Belle et le Clochard. On peut vraiment imaginer n’importe quoi, et ça marche super bien après !

J’peux imaginer la même chose que toi  ?

Oui, si ça peut t’aider, vas-y.

Wow, ça y est, je sens mes mains bouger vraiment toutes seules !!!

Quand la symbolique de l’imaginaire reprend vie et parvient à créer les premiers mouvements, c’est gagné.

Nous avons à ce moment-là une petite pensée pour toutes les personnes qui, comme nous, n’ont pas ou peu accès à leur imaginaire. Rassurez-vous, nous pouvons aussi décomposer le processus en utilisant une approche plus corporelle.

Deuxième proposition de décomposition : le relâchement musculaire

Une grande majorité des personnes conserve un tonus musculaire permanent dans les épaules et les bras sans même le savoir. Tonus initialement dévoué au dynamisme, il est devenu avec le temps et les émotions enfouies davantage synonyme de stress et d’anxiété. Chaque contraction musculaire inutile devient alors un frein pour l’expression de l’inconscient. Afin de lui donner toutes les chances de réussir, nous allons chercher à relâcher tout le corps de la personne grâce aux inductions rapides et instantanées que l’on explore également en Street Hypnose.

Nous avons souhaité partager une vidéo d’induction instantanée que nous estimons suffisamment respectueuse pour être utilisée partout avec tout le monde.

Notons la contraction du bras d’Aurore pré-induction, quand elle apuie sur la main de Jean-Emmanuel, qui permet ensuite un relâchement encore plus grand.
La relaxation musculaire par contraction-décontraction est très efficace.

Il est possible d’enchaîner plusieurs inductions similaires afin d’approfondir la transe et le relâchement des deux bras. Une fois la personne bien relâchée, nous invitons une nouvelle fois l’inconscient dans les bras afin de voir si les mouvements sont devenus réalisables.

Dans un contexte purement ludique, les inductions sont extraordinaires à vivre et notre inconscient nous emmène rayonner au plus profond de nous-même à la hauteur de notre capacité à lâcher-prise.

Dans un contexte d'accompagnement HUNKAAR, nous aimons voir les inductions comme une décomposition parfois nécessaire pour provoquer les premiers phénomènes idéomoteurs qui permettent la communication avec l'inconscient, mais nous considérons toute induction réalisée dans le seul but d'améliorer l'intensité initiale des phénomènes idéomoteurs comme une violation de potentielles parties protectrices. Si les gestes demeurent peu automatiques (sensation que les bras bougent tous seuls < 8/10) malgré un entraînement conséquent, il y a sûrement de très bonnes raisons que nous tenons à respecter le plus pleinement possible.

Troisième proposition de décomposition : du mouvement conscient au mouvement inconscient

Nous avons aussi exploré une autre façon de procéder dans laquelle nous conservons un mouvement permanent dans le bras tout en laissant petit à petit l’inconscient s’en emparer.

Nous demandons à la personne de bouger ses bras dans l’espace comme s’ils erraient dans les airs sans but. Puis, petit à petit, nous lui demandons de ralentir les gestes jusqu’à ce qu’ils perdent leur fluidité et se transforment en de petits à-coups. Que chaque geste soit aussi lent que possible. C’est dans cette lenteur peu commune que pourra renaître de ses cendres le phénix inconscient. Au bout d’un certain temps, un des à-coups sera mélangé d’une onctuosité nouvelle, marquant le débarquement dans la motricité de 10% d’essence purement inconsciente. Puis l’inconscient disparaîtra à nouveau des mouvements pour laisser uniquement place au conscient, les parties protectrices cherchant à se rassurer. Ces dernières laisseront ensuite d’elles-mêmes l’inconscient revenir à 20%. Et ainsi de suite jusqu’à un pourcentage martelant la limite acceptable à ne pas dépasser pour cette fois. Ce ne sera pas parfait du premier coup, mais ce sera déjà un bon début.

Quatrième proposition de décomposition : le mouvement grâce à l’émotion

Certains, dont nous faisons partie, aiment bien s’auto flageller de ne pas réussir à laisser complètement la place à leur inconscient du premier coup, mais nous avons noté une nette amélioration depuis février, date à laquelle nous avons lancé les premiers défis du mois. Alors nous écrivons ce prochain paragraphe aussi pour nous aider à mieux le digérer, toujours dans l’optique de continuer à décomposer les processus de manière bienveillante pour nous-même également.

“30% d’automatisme dans les mouvements montre déjà à quel point il y a un peu de nos inconscient présent à nos côtés dans chaque mouvement. Déjà une présence nouvelle. Précieuse. Nous pourrions alors devenir les coachs de nos inconscients en les encourageant de tout notre amour à persister dans leur ascension. 

Et plutôt que d’exiger d’eux qu’ils sachent tout faire parfaitement du premier coup, nous consacrerions ensemble du temps et de l’énergie pour accueillirs nos mini-nous et leurs premières émotions de tristesse. Ainsi réparées, ces émotions nous donneraient accès à nos guides, nos référents, nos nous symboliques de 2032, qui prendraient enfin place dans de jolis phénomènes idéomoteurs bien automatiques. Grâce à leur accompagnement rempli d’amour, nous transformerions cette fragilité en force. Nous partirions à la rencontre des défenseurs de nos émotions, et nous retoucherions du doigt la liberté dans le cadre si précieuse pour vivre pleinement l’instant présent. Nous nous souviendrions alors à chaque instant que : “quand rien n’est prévu, tout est possible”. Ainsi, en respectant chacun notre écosystème, nous apprendrions à nous donner un peu d’amour au quotidien. Le reste serait encore à écrire : 

– Une porte, une boussole. Et nous raconterions chacun notre chemin.”

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